Les soeurs bénédictines
Nous, Bénédictines Olivétaines
Il faut maintenant parler de notre origine propre.
Pendant la Révolution Française, une jeune fille de Rouen, Marie Chevalier, qui désirait entrer en religion, en fut empêchée par les troubles du temps. Sa charité envers les prêtres et les religieuses qu’elle cachait chez elle lui valut l’emprisonnement à la Conciergerie et la condamnation à la guillotine. Elle avait déjà les cheveux coupés et l’on faisait l’appel des condamnés. Elle aurait été décapitée si son frère, officier public, apercevant le nom de sa sœur, n’avait adroitement sauté celui-ci. Là-dessus, la mort de Robespierre fit cesser les exécutions.
Libérée, Mademoiselle Chevalier s’associa quelques jeunes filles afin de mener une vie religieuse selon l’esprit de la Règle de Saint Benoît.
En 1825, elle demanda au cardinal Prince de Croy, archevêque de Rouen, l’autorisation de fonder une communauté religieuse sous le titre de l’Immaculée Conception. Le nombre des jeunes filles s'élevé alors à 15; elles accueillaient pour des retraites des personnes du monde.
Mademoiselle Chevalier, en religion Mère Marie Joseph, meurt en 1839, à l’âge de 74 ans.
Le dénuement extrême de la communauté en décourage plusieurs avant qu’elles n’aient prononcé leurs vœux, et le nombre se réduit à 5. Mais en 1846, Dieu permet qu’il entre d’autres jeunes filles, et la communauté prend un caractère vraiment religieux.
En 1867, son Eminence le Cardinal de Bonne Chose leur permet de prendre la clôture et, en 1876, il approuve les constitutions faites sur la Règle de St Benoît pour les bénédictines de l’Immaculée Conception; celles-ci sont érigées en prieuré en 1878. En 1893, elles sont affiliées à la Congrégation monastique des Bénédictines du Mont Olivet, qui est elle-même une branche du grand Ordre de St Benoît.
En 1901, elles sont expulsées de France et se réfugient en Angleterre. En 1926, a lieu le transfert en Belgique, près d’Antwerpen à Schotenhof, avec leur aumônier Dom Constantin Bosschaerts, bénédictin belge. Celui-ci avait été, l’année précédente, secrétaire de Mgr Roncalli et l’avait accompagné en Bulgarie où il avait pu étudier l’Orient afin de réaliser le projet dont nous allons maintenant parler.
Sur la demande de Mgr Szeptyckyj, métropolite (archevêque) de Galicie, en Ukraine, s’étaient rassemblés des bénédictins de différentes abbayes pour la fondation de deux monastères de moines, l’un à Amay sur Meuse (plus tard Chèvetogne), l’autre à Schotenhof (Antwerpen).
Dès lors le Prieuré des Moniales acquiert un visage nouveau et connaît un grand essor. Répondant à l’appel de Pie XI, ces monastères s’initient au rite byzantin, à la spiritualité et à la culture orientale afin de mieux comprendre leurs frères orthodoxes, et d’autant plus, les catholiques de rite oriental.
Le prieuré continuant à s’agrandir essaima en Angleterre, au Brésil, en Italie; et enfin en 1959 fut fondé un monastère byzantino-slave à Le Cateau, dans le Nord de la France (diocèse de Cambrai), où l’office allait être entièrement chanté en Slavon dans le cadre d’une chapelle orientale. Sa Sainteté Jean XXIII donna sa bénédiction pour l’érection du nouveau monastère.
St Benoît, qui vivait au VIème siècle, s’était inspiré pour écrire sa Règle des écrits de saint Basile et des Pères. Ceci nous permet donc de travailler pour l’Orient sans modifier notre vie monastique.
(D’ après un exposé des Sœurs Bénédictines)









