Hydrographie
Le réseau hydrographique est formé par l'Helpe Majeure qui prend sa source à Bourges (hameau belge situé à 5 kms). Entrée en territoire français à 203 m d'altitude, son confluent avec la Sambre se trouve à 128 m soit une dénivellation de 75 m pour un cours de 54 kms.
Un fourmillement de petits ruisseaux se cachant parmi les herbes et les bois au fond du moindre vallon s'explique aisément: terrains primaires ou secondaires imperméables, favorisant le ruissellement superficiel aux dépens de l'infiltration. (ruisseaux des Gilettes et des Warinelles )
Cette rivière coule entre la frontière et le bois de la Fagne, avant de faire sa jonction avec le ruisseau de Montbliart à Eppe Sauvage
Quelques mots sur les deux helpes.
Les vallées latérales à la Sambre: les deux helpes.
Les vallées latérales ont mieux conservé, en partie tout au moins, leur nature primitive et leur aspect rustique. La Riviérette n'est qu'un ruisseau sans caractère, mais les deux helpes ont une physionomie qui leur est propre au milieu de toutes les rivières du Nord. Ce sont comme deux soeurs jumelles qui naissent à la même altitude (245m), vivent côte à côte, parcourent du même pas toute leur carrière, et finissent au même niveau (131m Helpe mineure; 128m Helpe majeure). Toutes deux reçoivent les eaux d'un même réservoir, l'étang de la Folie, qui se partagent entre l'Helpe majeure par le ruisseau du Voyon, traversant du sud au nord la forêt de Trélon, et l'Helpe mineure, par celui du Pont-de-Sains qui la longe au sud. Toutes deux augmentent de moitié, par leurs sinuosités, la distance en ligne droite de leur source à leur confluent avec la Sambre; leur chute totale étant sensiblement la même, l'Helpe mineure rachète par plus de rapidité la moindre étendue de son cours, mais ses 42 kms sont tous en France, tandis qu'une partie des 54 kms de l'Helpe majeure appartient au territoire belge.
Les ruisseaux qui forment l'Helpe mineure sortent des bois de Fourmies et d'Anor où, comme ceux qui se dirigent vers l'Oise, ils traversent une série d'étangs; mais leurs eaux, épurées par ces réservoirs, se souillent bientôt à travers la contrée industrielle de Fourmies, et c'est un peu au nord qu'il faut chercher la véritable rivière champêtre. Sortie de l'étang de la Folie, la rivière de Pont-de-Sains serpente par mille détours pittoresques à travers la forêt de Trélon, les bois de la Fagne de Sains et du Petit Fresseau, tantôt ruisseau limpide entre deux coteaux boisés, tantôt nappe d'eau aux rives verdoyantes, sur lesquelles paissent de beaux troupeaux. Elle rejoint près d' Etroeungt la petite Helpe, qui se déroule maintenant à son aise dans une vallée à fleur d'eau, partout bordée de riantes prairies, dont les séparations, qui les coupent à intervalles rapprochés, indiquent assez qu'on en connaît la valeur et qu'on s'en dispute la jouissance.
C'est cependant la vallée de l'Helpe majeure qui renferme les sites les plus renommés du département. Quand au départ de Trélon, on a sur une belle route traversé la forêt dans toute sa longueur, on débouche subitement sur une vallée de largeur moyenne, autour de laquelle les pentes herbacées et les croupes boisées alternent ou se font face, et au fond de laquelle serpente la silhouette argentée de la rivière, offrant à de belles vaches grasses qui viennent s'y désaltérer, son eau pure dont un ruisseau descendu de l'est a doublé le volume. Un coquet village occupe le revers opposé du vallon, c'est Eppe-Sauvage. Mais en dehors de ce groupement de maisons, les habitations sont rares. La coupe du vallon est harmonieuse; l'horizon, plus vaste au levant, est limité au couchant par la ligne des coteaux qui se reploie gracieusement vers le sud; l'air y est frais en été; c'est bien l'aspect d'une station dans la montagne. La main de l'homme n'a point trop altéré l'oeuvre de la nature. Ces bois, ces pâturages, ces ruisseaux murmurants, cet air vif et pur, cette solitude relative, nous transportent si loin des paysages ordinaires du Nord qu'ils évoquent une idée lointaine de la sévère et grandiose nature des Alpes. Aussi ce canton est-il appelé la petite Suisse du Nord. Les prairies plantées d'arbres et les coteaux élevés se succèdent le long de la rivière, et le nom de Liessies, qui rappelle une abbaye célèbre, témoigne encore du charme de ces riants paysages. Plus bas, c'est une ville, Avesnes, qui se dresse en amphithéâtre sur un des rochers qui la dominent, et jusqu'au bout de sa course sinueuse, la grande Helpe voit les fraîches prairies, les bois ombreux et les vergers fertiles se succéder autour d'elle. La Solre, aux nombreux replis, qui baigne le pied du plateau de Wattignies et se termine près de Maubeuge, la Thure et les Hantes qui n'appartiennent que pour une partie de leur cours à la France, circulent aussi au milieu de ravins profonds, de collines boisées, de rochers pittoresques. C'est bien à ce coin du Nord que la nature a le mieux réparti ce qui fait le charme de l'esprit et des yeux.
( extrait du livre d' Henri Cons, "Le Nord pittoresque", éditions du Bastion.)









