La vie monastique
Toute l’histoire monastique du Prieuré s’est déroulée dans la ligne bénédictine, que ce soit pour sa première étape avec Dodon et ses précurseurs, alors que les moines venant de Lobbes commençaient à passer de la Règle de saint Colomban à celle de saint Benoît, que ce soit durant la longue période de monachisme rural en dépendance de l’abbaye principale, ou depuis 1962 avec la présence des moines du Bouveret, et enfin avec les Bénédictines Olivétaines.
Saint Benoît, père des moines d'Occident, écrivit la Règle au début du VIe siècle. Son actualité toujours aussi fraîche démontre la valeur de ce texte de soixante-treize petits chapitres, qui forma des générations de moines contemplatifs, évangélisateurs, éducateurs ou défricheurs. Chaque retraitant en trouvera un exemplaire sur sa table. C’est une éducation à la louange et au service divin, à la paix et à l’humilité intérieure, à l’art de vivre ensemble dans la charité.
Le temps est rythmé par l’ Eucharistie célébrée chaque jour, soit selon le rite latin, soit la liturgie de saint Jean Chrysostome, et par les «Heures » ( Office divin), où la communauté se rassemble pour la louange divine, actuellement en français, et à laquelle les hôtes peuvent participer.
Le travail se répartit en charges d’entretien de la maison, préparation des repas, accueil des hôtes et iconographie. Tout ce fait dans un climat de simplicité. Le silence de ce lieu nous est offert par Dieu; c’est un chemin vers le silence du cœur et la prière ininterrompue.
( Extraits du livret « Le Prieuré SAINT DODON » SAEP Ingersheim. 68000 Colmar )
Il est difficile de décrire une vie quotidienne que nous recevons sans cesse nouvelle des mains de Dieu.
Moustier fut une terre bénédictine pendant des siècles jusqu’à la Révolution et depuis 1962 le fil est renoué. Mais les dimensions restèrent toujours modestes.
Aujourd’hui, nous sommes ici quelques sœurs.
Le silence du lieu incite par lui-même à faire le silence du cœur.
L’architecture du Prieuré est d’une extrême simplicité, presque paysanne. C’est une aide précieuse pour nous acheminer à une contemplation de Dieu vraie, profonde, sans trompe-l’œil.
L’emploi du temps se déroule entrelaçant les heures de l’Office Divin, de la Sainte Messe ou de la Liturgie byzantine, de la peinture des icônes, des travaux de cuisine auxquels chacune participe, du ménage, de la lecture, de l’étude, du repos, de l’oraison.
Notre petit nombre fait que les charges de chacune sont multiples et variées. Nous tâchons avec nos faiblesses et nos misères de tisser par tout cela une prière continue.
L’accueil est une œuvre d’ importance.
Les hôtes qui viennent prendre un peu de recueillement nous ouvrent également à leurs préoccupations et nous apprennent aussi à souvent laisser Dieu pour Dieu en eux.
Mais pourquoi le rite byzantin, la peinture d’icônes, la spiritualité orientale ?
Le souci de l’Unité des Chrétiens est depuis longtemps une caractéristique de la fondation. Vient s’y ajouter le souci des hommes qui se trouvent confrontés aux régimes communistes athés. Le marxisme, tentation de notre époque, l'athéisme militant sont une provocation pour les chrétiens à vivre l’Evangile en vérité. Mais pour en donner un authentique témoignage, il nous faut tendre à l’Unité. La vie monastique en ces pays nous serait interdite, et même si elle nous était permise, on comprend que le fait de ne pas être UNS entre chrétiens et en particulier entre catholiques et orthodoxes serait une raison de souffrances.
Nous sommes à un nœud de contradictions, à une croix que Dieu fera un jour fleurir en gloire.
Alors, puisque nous ne pouvons être là-bas, mais que l’Eglise catholique, pour être pleinement universelle a besoin de retrouver ses racines orientales et de les exprimer dans sa liturgie, notre place est ici à Moustier, dans un tout petit coin d’Occident. La prière n’a de toutes façons pas de frontières. Et tâchons à l’intérieur de nous mêmes d’accueillir la richesse et la pauvreté de Dieu. En puisant profondément à la tradition monastique de nos Pères d’Orient, sans pour cela négliger notre fond d’Occident, nous pouvons sentir parfois la souffrance de la déchirure, et en même temps la joie de découvrir tant de richesses complémentaires.
Dieu nous aurait-il donné des désirs irréalisables encore, une vocation à l’impossible ? Oui. Mais Il nous indique en même temps chaque jour ce qu’il nous reste à faire : la prière et l’amour quotidiens là où Il nous a mises, en nous occupant de Lui seul en toutes choses. Parfois des journées ressemblant à celles des ermites, à d’autres moments être plongées dans l’œuvre d’accueil ou les travaux imprévus. Et le Seigneur nous demande de ne choisir ni l’un ni l’autre.
La grande sécurité est de savoir que c’est lui qui nous conduit.
Nous sommes restées au Cateau, le temps d’un bail de 9 ans; puis le 16 mars 1968, nous sommes arrivées à Moustier où les amis des moines nous reçurent avec une chaleur dont nous leur serons toujours reconnaissantes.
Dans le Prologue de sa Règle, saint Benoît nous dit qu’il a voulu « fonder une école où l’on apprenne à servir le Seigneur ». Moustier est également un chemin vers le ciel, qui nous fait mener une vie monastique simple et marcher à la suite de ceux qui nous ont ouvert la route.
Les événements s’ y déroulent, aussi variés qu’un paysage. Des gens de toutes sortes, en quête de silence et de paix pour trouver Dieu, se joignent à cette route; et même quand ils sont rentrés chez eux, les liens tissés avec eux les rendent toujours présents.
La prière et la louange de Dieu sont donc notre raison de vivre, et sa grâce, le ciment de notre unité.
La maison est belle : cela nous est donné. Mais tout notre travail, ménager ou artistique, cherche à être beau. C’est une manière de rendre grâce à la Beauté divine, et un chemin pour parvenir à la « ressemblance de Dieu » comme le désiraient nos Pères dans la vie monastique.
La peinture des icônes, ou la broderie, ainsi que l’hôtellerie pour les retraitants sont les deux gagne-pain qui rythment notre année en période de silence et de solitude surtout l’hiver, d’accueil et d’échanges avec les hôtes surtout l’ été.
Puisque nous sommes en pèlerinage, nous devons chaque jour nous adapter au chemin que Dieu trace, ne pas en rêver un autre, nous consacrer à l’essentiel, et pour reprendre les paroles de saint Benoît dans le Prologue de la Règle ,
« nous hâter d‘accomplir à la lumière de la vie présente ce qui nous profitera pour l’éternité »
Les murs du Prieuré sont épais mais nous désirons que ses murs spirituels soient de verre, ou plutôt qu’il n’ y en ait pas, car les gens qui y viennent ont besoin d’un contact facile, transparent.
S'il y a retraite du monde, ce n’est pas une séparation mais une attention aux grandes causes de l’Eglise et à la souffrance humaine.
Devant les abbesses bénédictines, Sa Sainteté Paul VI caractérisait la mystérieuse fécondité apostolique de la vie contemplative en disant qu’elle irradiait « comme irradie la lumière, la musique, le parfum » ( 28 octobre 1966) : C’est là tout notre désir, car c’est alors que le seul Mystère apparaît, à la contemplation duquel tous ensemble nous sommes appelés .
(D’ après un exposé des Sœurs Bénédictines)
Nous sommes Bénédictines et à ce titre nous prononçons le vœu de conversion des mœurs, ce qui englobe la pauvreté, la chasteté et l’obéissance et le vœu de stabilité dans la congrégation.
Pour devenir religieuse, il faut tout d’abord faire connaissance avec un monastère, puis on passe une période de stage à durée indéterminée où on apprend à se connaître, puis on entre au postulat, c’est-à-dire une progression intérieure de plus ou moins un an.
On entre ensuite au noviciat pendant deux ans. C’est une progression vers le rattachement spirituel, vers la communauté.
Après un noviciat, la sœur peut demander de prononcer ses premiers vœux. La communauté doit réfléchir si cela semble être la volonté de Dieu.
Ces vœux durent trois années. Après cette période, la sœur redemande son intégration et prononce enfin ses vœux perpétuels.
Les critères pour être acceptée dans la communauté, sont des critères d’équilibre humain . Il faut avant tout vouloir une vraie recherche de Dieu.
( Extraits de coupures de journaux)









